Interview de Gérard PERRON en 2014

Dernières signatures pour le maire sortant, Gérard Perron. Dimanche matin, il quittera l


Depuis plus de 30 ans, vous êtes au centre de la vie politique : premier adjoint de Jean Le Borgne, vous êtes maire depuis 1997… Pas trop dur de quitter l’hôtel de ville ?


Je ne pars pas complètement, puisque je reste conseiller général pour un an. Je serai attentif au redécoupage des cantons, complètement incohérent pour le secteur. Être maire et conseiller général m’a beaucoup apporté : on a un champ de vision plus large sur les dossiers, notamment sur le social, et un échange d’expérience intéressant avec d’autres élus.


J’ai été secrétaire de section au Parti communiste, je reste un militant : il n’y a pas qu’en étant élu qu’on peut agir en politique !

Quel est votre meilleur souvenir d’élu ?


J’ai vécu beaucoup de bons moments, mais le meilleur a été la victoire des travailleurs de la SBFM. Après des mois de lutte et de grève, ils ont obtenu la sauvegarde de leur entreprise. À la préfecture, je ne pouvais pas exprimer mon bonheur, mais ma joie intérieure était immense. La SBFM, c’est la fille des Forges… Mon père y a travaillé, entre les deux guerres, avant de devenir charpentier fer à l’arsenal.


Fils d’ouvrier, vous êtes devenu professeur…


J’ai commencé à travailler très jeune. J’ai été reçu au concours de l’École normale des garçons en 1958, alors que je n’avais pas 14 ans ! J’avais même fait la une de La Liberté du Morbihan, en tant que plus jeune normalien de France. J’ai été instituteur à Plumelin, de mes 17 à mes 18 ans puis j’ai continué mes études à Rennes. J’ai été prof de maths à Josselin, puis à Plouay.

 

À cette période, c’était ma femme Josette qui était élue, aux côtés d’Eugène Crépeau. J’étais déjà militant au PCF. Puis je suis devenu premier adjoint. J’ai continué à travailler, j’étais devenu principal adjoint. Je me suis mis en disponibilité assez rapidement lorsque je suis devenu maire.


Quels sont vos projets, après trente ans en mairie ?


Je vais profiter de mon temps libre, de ma famille. Emmener mes petits-enfants naviguer sur le Golfe du Morbihan. Rejoindre ma fille, en mai, pour un beau voyage en Patagonie. Puis j’enfilerai l’habit du sénéchal, pour le spectacle des 500 ans de la basilique. Avec l’abbesse, responsable de la paroisse, j’incarnerai le représentant du roi et de la justice, le personnage le plus puissant du secteur !


Julie SCHITTLY. (Ouest France)